Accompagner bébé dans ses premiers pas

Thématiques : Paroles de spécialistes

La marche est la dernière étape d'un processus de plusieurs mois, que vous pouvez faciliter
en stimulant votre bébé et en lui proposant des espaces à explorer seul !

C’est toujours un grand moment pour les parents lorsque leur bébé se décide enfin à marcher pour de bon, sans appui, comme un grand, même si son équilibre est encore fragile et les chutes fréquentes.
Mais quand ce grand moment doit-il normalement survenir ?

Quelles sont les étapes qui sont nécessaires avant d’en arriver là ? Garance Montossé, psychomotricienne en cabinet libéral situé en région parisienne, nous en dit plus sur cet événement à la fois extraordinaire et banal.

À partir de quel âge marche un bébé ?

En moyenne, un bébé va marcher entre 10 et 18 mois, mais comme il s’agit d’une moyenne, certains peuvent marcher bien avant et d’autres bien après.
L’enfant va marcher lorsqu’il se sentira suffisamment à l’aise et rassuré pour se lancer. Cela va dépendre de son environnement, d’où il évolue et de la stimulation qu’il reçoit.

Cette dernière est importante, car c’est par les expériences sensorielles (associées aux cinq sens) et motrices que l’enfant va prendre confiance en lui et s’élever. Le parent peut lui proposer un espace d’expérience et de manipulations dans l’environnement de vie.

Comment savoir si bébé est prêt à marcher ?

Il sera prêt quand il va explorer son environnement à la hauteur de ses yeux en position debout, quand il va faire tomber ses jouets et les ramasser, quand il se tiendra bien en équilibre statique au milieu d’une pièce.
Lorsqu’il sera assez stable sur ses jambes pour se lever puis s’accroupir, gagner en force, demander à être plus souvent debout et chercher de l’aide pour marcher.

Quelles sont les grandes étapes de la marche ?

Ce sont toutes les étapes qui permettent de passer de l’exploration au sol à l’exploration dite « haute », c’est-à-dire lorsque l’enfant se met à se déplacer pour attraper des objets qui sont à hauteur de ses yeux ou au bout de ses doigts.

Ces étapes sont les suivantes :

  • La tenue de la tête,
  • Le retournement, 
  • Le « ramper » (ramper militaire au sol),
  • Le quatre-pattes,
  • Le cabotage, c’est-à-dire le moment où le bébé marche, mais avec appui sur les meubles ou ce qu’il peut avoir sous ses mains. Ce n’est pas vraiment de la marche, il se remet au sol en position quatre-pattes, qui le sécurise dès qu’il n’a plus d’appui.
  • Le maintien en équilibre statique.
  • La marche.

Le quatre-pattes, est-ce une étape indispensable ?

Le quatre-pattes n’est pas indispensable, mais il est important parce qu’il est l’une des étapes du développement moteur.

Cela permet à l’enfant d’expérimenter plusieurs points d’appui au niveau de ses pieds, ses orteils, ses genoux et ses mains. Il va alors tester les coordinations gauche/droite, haut et bas du corps, ce qui va lui permettre de gagner en mobilité et en aisance corporelle.
Certains bébés peuvent se déplacer sur les fesses ou sur trois appuis… Comme toute étape, l’acquisition dépend de chaque enfant.

Quel est le délai entre les premiers pas et la marche ?

Lors des premiers pas, l’enfant utilise un large espace d’équilibre, il a besoin d’avoir les bras et les jambes écartés pour pouvoir se tenir debout et marcher.

Au bout d’une période plus ou moins longue selon qu’il est souvent en position de marche ou plutôt en poussette, mais qui durera environ 2 ou 3 mois, son espace d’équilibre va se réduire et il sera prêt à marcher.

Les enfants sont programmés pour marcher entre 10 et 18 mois environ, selon leur assurance et leur confiance en soi…
Alors faites preuve de patience, de bienveillance et encouragez votre petit.

Comment l’aider à faire ses premiers pas ?

Il est important de permettre à l’enfant une motricité libre dès son plus jeune âge, c’est-à-dire :

  • D’abord le laisser explorer lui-même son environnement, par exemple au sol sur un tapis d’éveil,
  • Quand il est plus grand, laisser ses jeux et jouets à disposition pour qu’il puisse y accéder par lui-même,
  • Lorsqu’il est encore plus grand l’amener au parc, dans des aires de jeu.

C’est en explorant son environnement qu’il pourra développer sa confiance en lui.
L’amener à l’extérieur peut l’aider parce qu’il rencontrera des irrégularités de terrain alors qu’à la maison, le sol est le plus souvent plutôt lisse.

Bébé ne marche pas : quand s’inquiéter ?

Comme on l’a dit, les enfants marchent en moyenne entre 10 et 18 mois. Si un enfant ne marche pas encore vers 16-18 mois, les parents peuvent en parler au pédiatre qui leur conseillera peut-être de consulter un spécialiste, soit un kinésithérapeute ou un psychomotricien.
Il se peut que l’enfant ne marche pas parce qu’il ne se sent pas en confiance, ce qui peut arriver par exemple s’il a fait une chute qui l’a traumatisé.
Lui créer un petit parcours de motricité avec des coussins, par exemple, peut l’aider à reprendre confiance.

Pieds nus ou chaussures ?

Pieds nus le plus possible, c’est-à-dire dans les endroits sécuritaires et propres comme la maison, la crèche…

En marchant pieds nus, l’enfant prend conscience du contact de son pied au sol, de sa voûte plantaire, de ses appuis corporels… Et que les parents se rassurent, bébé ne prendra pas froid par les pieds ! Il ne pourra cependant pas être toujours pieds nus, et devra parfois porter des chaussures.

Au moment de choisir celles-ci, les parents devraient s’assurer que la semelle est le plus souple possible, suffisamment pour que la chaussure puisse être pliée en deux avec les doigts. Cela n’exclut pas, bien sûr, que bébé puisse porter des chaussures un peu moins souples, mais tellement jolies pour une occasion spéciale !

Il n’arrive pas à marcher car il a peur de tomber, comment faire ?

Une posture encourageante, rassurante et bienveillante de la part des parents peut aider l’enfant. Lui faire prendre conscience, par exemple, que quand on marche dans l’herbe, on ne se fait pas tellement mal même si on tombe, et que c’est la même chose sur le sable.

Il faut éviter de surprotéger l’enfant, ne pas dramatiser les chutes, et l’encourager à se relever et à continuer d’avancer.

Quels sont les troubles pathologiques de la marche ?

Cela peut être très très large, mais il n’existe pas de troubles qui sont spécifiquement de la marche, ils sont toujours la conséquence d’autres causes ou troubles pathologiques.

Par exemple, si un enfant a été hospitalisé pendant sa première année, son apprentissage de la marche risque d’être retardé parce qu’il n’a pas été dans les conditions nécessaires pour traverser toutes les étapes qui sont préalables à la marche.

Un trouble neurologique in utero ou durant les premiers mois de vie peut engendrer un retard de la marche. Il est intéressant d’aller consulter lors du moindre doute. Nous sommes présents pour vous écouter et vous aider.

Le mot de la fin

Il faut savoir que l’enfant est programmé pour marcher, comme il est programmé pour parler, communiquer, apprendre

Il est bon que les parents mettent tout en œuvre pour favoriser son développement moteur et le stimuler, mais dans la très grande majorité des cas, tout humain finit par marcher, à son rythme.
Vous avez toutes les billes en main pour entourer et accompagner votre enfant vers son plus haut potentiel.

À vous de jouer !

Garance Montossé, psychomotricien
mtss.garance78@gmail.com
07.64.70.09.93

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