
S’impliquer pendant la grossesse
Notre ostéopathe attitré, Olivier Darmont, qui prend soin des nourrissons et des femmes enceintes, est récemment devenu papa et nous n’avons pas pu résister à l’envie de lui poser quelques questions sur ce nouveau statut. Comme à son habitude, il s’est prêté de bonne grâce à l’interview.
Quel âge a la petite Victoria ?
Elle a tout juste un mois.
Comment avez-vous vécu la grossesse ?
Je l’ai très bien vécue. Il faut dire que c’était une grossesse attendue, souhaitée. Nous étions tous les deux désireux d’être parents, prêts, et convaincus d’être avec la bonne personne pour cela.
Mais je ne suis pas le seul à l’avoir bien vécue, mon épouse aussi. Elle n’a eu aucun souci, aucun trouble, aucune douleur. Ce fut une grossesse d’autant plus idéale qu’elle s’est déroulée pendant cette période particulière de pandémie et de confinement.
Le fait pour ma femme d’être en télétravail a été un avantage considérable pour plusieurs raisons. Et l’absence de vie sociale a été plutôt positive également, ne serait-ce que parce que ça lui a évité d’être obligée d’expliquer pourquoi elle ne buvait pas d’alcool.
Nous n’avions pas grand-chose d’autre à faire que de vivre la grossesse et ça nous a bien plu.
Est-ce que votre spécialité vous a aidé à être plus serein ou au contraire a accentué votre angoisse ?
Ça n’a été que positif. Je sais que la connaissance des problématiques liées à la grossesse peut pousser certains à la craindre, mais je ne suis pas naturellement angoissé et au contraire, qu’il n’y ait pas du tout d’inconnu pour moi dans le suivi d’une grossesse a été rassurant.
Votre femme vous a-t-elle sollicité en tant que praticien ? Comment avez-vous réagi ?
Oui, elle m’a sollicité, et je l’ai sollicitée aussi.
Dans ces circonstances, il y en a qui préfèrent déléguer et je l’ai fait en partie, j’ai la chance d’avoir un père ostéopathe qui a fait un suivi de la grossesse, mais de mon côté, j’ai pratiqué le même suivi qu’avec mes patientes.
Et croyez-moi, ce n’est pas du tout comme si j’avais apporté du travail à la maison. Ça prend une tout autre dimension. D’ailleurs, lors de l’accouchement, je pense que j’ai dû passer pour un fou auprès du personnel : je n’ai pas lâché le bassin de ma femme tant que le médecin n’a pas été là, et j’ai fait la première séance d’ostéopathie sur ma fille alors qu’elle avait une heure !
Comment vous êtes-vous investi dans la grossesse ?
Je me suis investi selon l’image que je m’en faisais, c’est-à-dire en étant présent et à l’écoute.
Comment s’est passé l’accouchement ?
Incroyablement bien ! Victoria est arrivée presque un mois plus tôt que prévu, elle était à la limite de la prématurité. Ma femme n’avait même pas encore eu les rendez-vous habituels qui précèdent l’accouchement, dont celui avec l’anesthésiste.
Mais elle a été prise en charge très rapidement à la clinique. Pour ma part, j’ai dû laisser un patient en plan pour pouvoir m’y rendre à temps. L’accouchement a eu lieu en trois heures et demie.

Qu’avez-vous ressenti ?
De l’admiration pour ma femme ! Même si d’un point de vue professionnel rien ne m’était inconnu, tout était nouveau sur le plan émotionnel.
Alors bien sûr, j’ai été submergé par l’émotion et l’admiration. Nous avons pu rester quatre jours à la clinique. Malgré la période compliquée de la pandémie, nous avons eu de la chance et avons su l’apprécier.
Consacrer du temps à son enfant
Avez-vous facilement trouvé votre place ?
Oui, dans la mesure où ma femme me la laissait, et dans la mesure où elle n’allaitait pas, cela m’a permis de m’investir très facilement.
Quel papa êtes-vous ?
Je manque encore un peu de recul pour répondre à cette question, mais j’espère être celui que j’aimerais être.
Qu’est-ce qui est le plus difficile dans la vie de papa ?
Partir au travail ! C’est très difficile pour moi de quitter la maison. Même quand on adore son boulot, et c’est mon cas, il me passionne, c’est compliqué de consacrer autant de temps qu’on le souhaiterait à son enfant.
Je n’ai pas pris beaucoup de jours de congé de paternité et j’ai cette petite frustration.
Avez-vous trouvé facilement un équilibre vie professionnelle/vie de papa ?
Oui, parce que j’ai réaménagé mes horaires pour pouvoir donner le biberon du matin et le bain le soir.
Au lieu de faire du 8 h 30 - 20 heures comme avant, je travaille de 10 h 30 à 18 heures, et je fais l’impasse sur la pause déjeuner.
Votre femme et vous avez chacun un rôle dans l’éducation ?
Nous avons la chance d’avoir tous les deux des parents présents et aimants. Nous sommes pleins de bonnes intentions et nous souhaitons transmettre à notre enfant les valeurs et l’amour que nos parents nous ont transmis.
L’éducation, c’est encore abstrait vu l’âge de notre fille, mais nous sommes en harmonie quant à notre façon de voir les choses.
Votre expérience dans le monde de la maternité a-t-elle été un atout ?
Mon expérience m’a permis d’aider mon épouse et d’être actif notamment en ce qui concerne les gestes à poser, les soins, l’alimentation.
J’ai pu lui transmettre mes connaissances et j’ai pris plaisir à le faire.
Avez-vous une autre vision du post-partum ?
Non, parce que je savais déjà que chaque post-partum est différent en fonction de chaque femme, de son cadre de vie, de son environnement, de ses antécédents, des circonstances de l’accouchement, de son état d’esprit, et que pour une même femme, le post-partum ne sera pas le même d’un accouchement à l’autre.
Je sais qu’il n’y a pas de post-partum standard, et j’en ai eu un exemple de plus.
Des conseils pour les futurs papas ?
Tout d’abord, inciter la mère de son enfant à consulter un ostéopathe, bien sûr, mais aussi profiter de ces moments magiques, être présent et disponible le plus possible, faire confiance au personnel de santé.
En un mot, profiter à fond de cette expérience émotionnellement unique.

Olivier Darmont, ostéopathe à Paris.
www.osteopathe-darmont.com
Olivier Darmont, ostéopathe à Paris, est diplômé du Collège Ostéopathique Européen (COE) pour ensuite se spécialiser en périnatalité en participant à de nombreux séminaires sur la prise en charge de la femme et du nourrisson en ostéopathie.
Il est cofondateur, avec un confrère ostéopathe, de l’association O.S.E. (Ostéopathie Solidarité Enfance) visant à développer la prise en charge ostéopathique pour les nourrissons dans les maternités hospitalières de Paris