La couvade, fiction ou réalité ?

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ventre femme enceinte à côté du ventre d'un papa

On estime que 20 % des futurs pères connaissent certains symptômes habituellement associés à la grossesse.

Des envies de fraises et de cornichons pour le futur papa ? Oui, ça peut arriver. C’est ce qu’on appelle la couvade ! Ce sont des signes qui peuvent se manifester à différents degrés chez l’homme, dont la compagne est enceinte.

Elle concerne environ 20 % des pères en devenir.

Qu’appelle-t-on la couvade ?

On appelle couvade ou grossesse nerveuse du père, le syndrome qui touche certains futurs papas. Ils manifestent des symptômes semblables à ceux que la femme enceinte elle-même éprouve : nausées, fatigue, maux de tête, douleurs lombaires, dégoûts alimentaires, prise de poids et particulièrement augmentation du volume de l’abdomen…

Il est difficile d’avoir des données précises sur ce phénomène, mais il se manifeste habituellement à la fin du premier trimestre avec une accalmie pendant le 2e, puis une nouvelle recrudescence qui atteindra son apogée au moment de l’accouchement où les symptômes peuvent aller jusqu’à des douleurs associées aux contractions. 

Comment se manifeste-t-elle ?

Bien que d’origine psychique, comme dans tout processus de somatisation, les symptômes sont bien réels et on note même un dérèglement hormonal : le taux de testostérone (hormone qui symbolise la virilité) diminue, le taux de cortisol augmente, les taux de prolactine qui stimule la lactation chez la femme, et d’œstradiol, qui est nécessaire à la fertilité féminine, augmentent légèrement.

Ces deux dernières hormones, liées au processus de reproduction chez la femme, existent également chez l’homme, mais en moindre quantité.

Pourquoi se manifeste-t-elle chez certains futurs papas ?

Les explications de l’apparition de ce phénomène sont multiples, et se révèlent plus ou moins indulgentes envers le futur papa. En effet, pour certains, ce syndrome se manifesterait chez les hommes qui ne supportent pas que leur compagne devienne le centre d’intérêt et qui voudraient en quelque sorte se rendre intéressants.

On invoque aussi une rivalité entre le futur papa et son enfant. Pour d’autres, au contraire, la cause serait une empathie de l’homme envers sa compagne enceinte… Poussée à l’extrême !

Il y a également l’histoire personnelle de chaque futur papa qui n’appartient qu’à lui, mais d’une façon générale, il semble que ce syndrome apparaisse chez ceux qui sont particulièrement anxieux à l’idée de l’arrivée prochaine de l’enfant.

Comment la « guérir » ?

Exprimer ses sentiments et son ressenti peut aider le futur papa à mieux apprivoiser son rôle. L’oreille choisie peut être celle d’un thérapeute, mais un dialogue avec sa partenaire est fondamental.

Une conversation avec un autre père plus expérimenté peut aussi s’avérer bénéfique. Ce n’est pas parce qu’un syndrome est sans gravité, qu’il doit être ignoré.

Dans le cas de la couvade, l’homme concerné peut éprouver une gêne à en parler par crainte d’être ridiculisé et moqué. Cela explique d’ailleurs que les chiffres concernant le nombre d’hommes touchés sont si incertains.

Les symptômes vont disparaître après la naissance de l’enfant, mais il pourra arriver que le nouveau papa soit également touché par la dépression post-partum. 

En conclusion

La couvade est donc bien réelle.

Elle ne devrait entraîner aucune honte pour celui qui la vit, ni provoquer les moqueries de son entourage. De plus, on peut penser que les cas de couvade ont vocation à s’élargir dans un avenir proche, avec la multiplication récente de schémas familiaux non-traditionnels, qu’il s’agisse de couples homosexuels féminins dans lesquels l’une des deux partenaires porte l’enfant, de couples adoptants ou faisant appel à une mère porteuse.

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