Le rear-facing, qui consiste à faire voyager votre enfant dos à la route, est une position 5 fois plus sûre
que le sens de la marche, tout aussi confortable, et pourtant sous-utilisée en France.
On parle aujourd’hui de plus en plus de rear-facing, mais qu’est-ce que c’est au juste ? Le rear-facing est une expression anglophone qui désigne le fait de faire voyager les enfants dos à la route en voiture, c’est-à-dire dans le sens contraire de la marche. On parle aussi d’Extended Rear Facing (ERF) ou dos route étendu, lorsque l’on fait voyager les enfants dans cette position longtemps.
Lise Meunier, experte en sécurité chez Axkid nous en dit plus…
Tout d’abord un peu d’histoire
Le siège-auto dos à la route : une invention suédoise.
C’est Bertil Aldman, professeur à l’université Chalmers de Göteborg, en Suède, qui a inventé le premier siège auto dos à la route dans les années 1960. Inspiré par les astronautes de la NASA qui étaient positionnés sur le dos lorsqu’ils étaient projetés dans l’espace afin de mieux supporter les forces de poussée, il appliqua le même principe aux enfants en inversant le sens des sièges dans les automobiles.
Il présenta un premier prototype en 1963, et la Suède a ensuite rapidement généralisé l’usage de sièges dos à la route pour les enfants. Grâce à cela, le nombre d’enfants victimes d’accidents de la route en Suède a drastiquement baissé, et aujourd’hui la Suède est le meilleur pays du monde en matière de protection des enfants dans la circulation routière. Il est d’ailleurs fréquent de voir des enfants voyager dos à la route jusqu’à 6 ans.
La position dos à la route en voiture est 5 fois plus sûre.


Crash test dans les années 60
Pourquoi la position dos à la route est-elle la façon la plus sûre de voyager ?
Des études basées sur des accidents réels montrent que le risque de décès ou de blessures graves lors d’une collision frontale est multiplié par 5 pour les enfants qui voyagent face à la route, comparé aux enfants qui voyagent dos à la route. Les enfants ne sont pas des adultes miniatures ; leur tête est très grande et lourde par rapport à leur corps. Les muscles et les ligaments de leur cou ne sont pas entièrement développés.

La tête représente 25 % du poids de corps d’un enfant de 9 mois alors qu’elle ne représente que 6 % du corps d’un adulte.
Lors d’un choc frontal (80 % des accidents de la route), le risque de blessures graves, voire mortelles, au niveau du cou est d’environ 40 % si les enfants voyagent face à la route. En effet, dans cette position, le haut du corps est projeté vers l’avant jusqu’à ce que la ceinture de sécurité le retienne, mais la tête continue à avancer à la même vitesse que celle de la voiture avant l’accident.
À 50 km/h, le cou subit une pression extrême, équivalente à un poids d’environ 300 kg, pouvant entraîner des blessures graves, voire mortelles.
En comparaison, si l’enfant est installé dans le sens contraire de la marche, le risque de blessures graves n’est plus que de 8 %. L’impact sur la tête, le cou et le dos est considérablement plus faible, car la tête et le cou sont ralentis en même temps grâce au soutien du siège et les forces du choc sont réparties sur l’ensemble du corps.
À 50 km/h, dos à la route, le poids qui ira sur la nuque de l’enfant sera de « seulement » 50 kg.
C’est pour ces raisons que l’on s’accorde à dire que la position dos à la route en voiture est 5 fois plus sûre pour les enfants.
Quand les enfants voyagent dans un siège auto dos à la route,
au moins 9 sur 10 évitent les blessures graves.
Et le confort des enfants dans tout ça ?
Parfois les parents s’inquiètent de voir leurs enfants avec les jambes fléchies et décident de les installer face à la route en pensant que cela sera plus confortable.
En réalité, les jeunes enfants ont une tendance naturelle à fléchir les jambes. Qu’ils jouent, qu’ils soient assis dans leur poussette ou même lorsqu’ils sont installés face à la route, les enfants plient leurs jambes, les croisent, se penchent où mettent leurs jambes sur les côtés au lieu de les laisser pendre dans le vide.
Contrairement aux idées reçues, le champ de vision des enfants est également moins restreint dos à la route. Les sièges autos conçus pour voyager dos à la route longtemps sont, du fait de leur conception, souvent plus hauts que les sièges face à la route et offrent ainsi un large champ de vision à travers la lunette arrière.
Les adultes peuvent parfois se sentir étourdis s’ils voyagent dos à la route, car leur cerveau est « programmé » pour comprendre que la sensation normale de déplacement est d’aller vers l’avant, c’est-à-dire d’être orienté dans le sens du déplacement. Dans le cas des enfants, c’est différent. Leur système vestibulaire (qui contribue à la sensation de mouvement et à l’équilibre) n’est pas encore complètement formé et il n’a pas eu le temps d’enregistrer un schéma normal.
Ainsi, pour le cerveau d’un enfant, voyager en étant orienté vers l’arrière est aussi « normal » que de voyager face à la route.
Et en France ?
Alors que les nouvelles générations de sièges auto (réglementation I-Size) généralisent l’installation dos à la route jusqu’à 15 mois minimum, en France, le passage face à la route se fait encore trop tôt et c’est sûrement la raison pour laquelle le nombre d’enfants victimes d’accidents de la route reste élevé comparé à nos voisins européens.
À ce jour, la position dos à la route est la position la plus sûre pour vos enfants, alors, choisissez le bon sens !
